Site catholique de l’Institut Notre-Dame de Vie
Le Carmel : un esprit
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Une caractéristique essentielle de l’oraison thérésienne, c’est qu’elle est apostolique. L’intimité avec Dieu, loin de favoriser l’égoïsme, oriente celui qui prie vers les autres et fait de lui un apôtre par excellence, embrassant dans un même amour Dieu et les frères. « Eh quoi ! Le monde est en feu ! […] Ce n’est pas le moment de traiter avec Dieu des affaires peu importantes. […] À cause de toi-même, Seigneur, prends pitié de tant d’âmes qui se perdent, secours ton Église ! […] Fais briller la lumière au milieu de nos ténèbres ! […] Mes sœurs, s’il arrive que vos prières, vos désirs, vos disciplines, vos jeûnes ne se rapportent plus au but que je vous ai indiqué, dites-vous que vous ne remplissez plus la fin pour laquelle le Seigneur vous a réunies en ce lieu » (Chemin de Perfection, ch. 1 et 3).
Thérèse a compris combien le monde a besoin d’apôtres contemplatifs. Et non seulement dans les couvents ; la contemplation est nécessaire aux hommes d’action comme l’emprise de l’Esprit Saint fut nécessaire aux apôtres avant de partir en mission. « Pourquoi ce langage ? Afin de bien vous faire comprendre, mes sœurs, la demande que nous devons adresser à Dieu : […] c’est qu’il rende éminents dans son service les capitaines de cette citadelle, je veux dire les prédicateurs et théologiens […] qui ont embrassé un travail opiniâtre afin de soutenir aujourd’hui la cause de Notre Seigneur » (Chemin de Perfection, ch. 3).
Dans le contexte qui est le nôtre, où la mission est devenue le travail prioritaire de tous les chrétiens, c’est justement le besoin d’apôtres contemplatifs qui est signalé par Jean Paul II et Benoît XVI, en ce début du 3e millénaire :